#FakeMed Wars, Épisode VIII : Les académiciens s’en mêlent

Dans une tribune publiée par l’Express, 131 membres des Académies des sciences, de médecine et de pharmacie se joignent la fête des #FakeMed Wars. Ils demandent à leur tour l’arrêt du remboursement des médicaments homéopathiques. Fin du game ?

Il y a bien longtemps – en mars –, dans la galaxie des no fakemed, 124 médecins signaient une pétition adressée à l’Ordre des médecins, demandant la fin de l’état de grâce pour les médecines alternatives et pour ses praticiens. Depuis, la saga continue, entre attaques en règle, contre-attaque des médecins homéopathes et des prises de position timides de la ministre de la Santé et de la HAS.

Cette fois, les homéopathes du côté obscur devront affronter les maîtres du côté lumineux : les académiciens rentrent dans l’arène. Le 4 décembre, 131 membres des Académies des sciences, de médecine et de pharmacie ont publié une tribune dans l’Express et prennent position pour le déremboursement de l’homéopathie. « Nous, académiciens, estimons qu'il est de notre devoir de professionnels de santé et de scientifiques d'informer les patients », écrivent-ils solennellement.

Un manque de foi qui consterne

S’ils précisent s’engager « à titre personnel, et non au titre d’une position officielle des académies dont ils sont membres », une tribune signée par 131 membres ajoute un poids non négligeable dans la balance des no fakemed.

« Non, l’homéopathie n'est pas un médicament actif, même si elle bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché et d'un remboursement. Un état de fait injustifié, car l'homéopathie, contrairement aux autres médicaments, n'a pas fait la preuve de son efficacité sur la base de démonstrations vérifiables et objectives reconnues par la communauté scientifique internationale », écrivent-ils ainsi. C’est plutôt clair, pas d’hésitation.

Plutôt embrasser un Wookie

Les académiciens reprochent, en plus de leur manque d’efficacité versus placebo, le « flou » entretenu par les labos sur la composition des granules et même leur potentielle dangerosité. « Si un produit à base d'eau et de sucre ne peut évidemment pas faire de mal, il peut faire perdre du temps, voire mettre la vie en péril en cas de maladie aiguë ou chronique dont le traitement ne peut pas attendre », soulignent-ils. Ils dénoncent aussi l’argument économique, en s’appuyant sur une étude allemande publiée dans Plos one en septembre 2017. « Les patients soignés à l'homéopathie coûtent en réalité 20 % de plus aux assurances sociales », résument-ils.

« Nous estimons que le débat autour de l'efficacité de l'homéopathie qui perdure dans l'opinion publique n'a pas lieu d'être dans la communauté scientifique […]. Nous réfutons le terme de "médicament" pour un produit qui ne fait pas la démonstration de son efficacité. Nous contestons donc son remboursement par la collectivité nationale », concluent-ils.

Ministère, HAS, Ordre des médecins et maintenant les Académies s’en prennent au remboursement des granules. La résistance s’organise et ça s’annonce mal pour l’homéopathie.

Portrait de Jonathan Herchkovitch

 

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