J’ai simulé une réunion hospitalière

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Les réunions pluriprofessionnelles sont souvent un beau bordel

Le comité jeunes psychiatres du Congrès français de psychiatrie (CFP) organisait ce vendredi des ateliers de simulation iLumens à l’université Paris Descartes. What’s up Doc s’est joint à la fête et a participé à une simu sur la gestion de réunion. L’objectif : développer un consensus.

Ce n’est pas un journaliste qui apprendra à des médecins hospitaliers les difficultés inhérentes rencontrées lors des réunions pluriprofessionnelles. Conflits d’égo, de leadership, d’idées, de vision… Tout est prétexte au conflit larvé ou ouvert.

Leaders, suiveurs : chacun sa croix

Les jeunes psychiatres présents ont tous exprimé les difficultés qu’ils pouvaient rencontrer, qu’ils soient plutôt leaders, auditeurs, autocrates ou suiveurs. Interrompre des discussions conflictuelles et stériles pour tenir l’ordre du jour, savoir recentrer les débats, trouver le dosage entre la discussion et la prise de décision… Ces problématiques sont universelles, mais elles sont souvent exacerbées dans les services déjà sous tension.

La simulation n’a pas pris de gants : elle proposait à trois volontaires d’établir un questionnaire de satisfaction patients comme indicateur de performance, en vue d’un changement de mode de financement des établissements psychiatriques. Les trois praticiens avec des rôles définis – coordonnatrice de la réunion, critique constructive et avocat du diable – devaient faire face à une cadre supérieure de santé plutôt réfractaire (une actrice réaliste à s’y méprendre). Elle s’est attelée à critiquer le principe pour faire échouer la réunion.

Les psys déjà armés ?

Au cours de la simulation, les trois volontaires ont tout tenté pour faire avancer les débats. En préservant la cadre de toute agression, en tentant de donner la parole à chacun des protagonistes… Avec un certain succès, il faut l’avouer, plutôt inattendu. Sans doute grâce à la patience et aux capacités d’écoute que des psychiatres sont capables de développer. « Avec des orthos, elle se serait fait démonter ! », a-t-on d’ailleurs pu entendre lors du débriefing (orthopédistes, rebellez-vous face à cette accusation sans fondement !).

Les psychiatres repartent avec quelques techniques intéressantes : savoir donner la parole à tout le monde pour atténuer la voix d’une critique non constructive et omniprésente, lui demander des solutions alternatives afin de la démobiliser dans le projet, partager ses doutes mais la fatalité du travail à réaliser… Une petite boîte à outils utile pour les prochaines réunions de crise !

Bien, mais peut encore mieux faire

Un comportement intéressant, que le journaliste n’a pu s’empêcher d’observer, a néanmoins échappé aux médecins présents : l’avocat du diable qui, par l’attribution de son rôle, aurait logiquement dû s’associer à la cadre de santé dans son entreprise de démolition, a préféré s’associer à ses confrères pour tenter de faire avancer la réunion, au détriment de son acolyte tout naturel : la cadre de santé râleuse et grande gueule.

Si les psychiatres acteurs de la simulation ont su, par leur empathie et leur subtilité, se mettre au service du projet, il semblerait qu’ils n’aient pas totalement envisagé le corporatisme comme un obstacle qu’ils auraient pu franchir pour le bien de la simulation. Il y a encore un peu de travail !

Portrait de Jonathan Herchkovitch

 

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