Liaison frontale

Ciné week-end: Bonhomme, de M. Vernoux (sortie le 29 août 2018)

Marilyn et Piotr forment un couple tempétueux et attachant. Après un AVP duquel il sort gravement traumatisé, Piotr développe un syndrome frontal qui le rend particulièrement difficile à gérer au quotidien. Par amour, Marilyn décide de ne pas se laisser abattre et de le prendre en charge totalement...On ne le dirait pas comme ça, mais c'est une comédie!

Attention, film OVNI! A partir d'une trame solide - l'amour est-il un remède à la démence? - Marion Vernoux décide de réaliser un film barré comme son héros, parfois séduisant mais jamais réellement convaincant. Plusieurs raisons à cela, la principale étant que l'histoire a du mal à tenir sur la longueur. La fin, assez poignante, n'occulte pas tous les efforts qu'on a dû fournir pour y accéder. Même si certains seconds rôles sont assez savoureux - François Rollin très drôle en généraliste en roue libre, Béatrice Dalle inhabituellement maternelle et généreuse - Ana Girardot et Nicolas Duvauchelle convainquent moins. Probablement pas assez dirigés.

Mais, surtout, le film bifurque assez rapidement vers la voie de la comédie, s'axant notamment sur l'exploitation des prouesses sexuelles d'un Piotr totalement désinhibé. Et là, honnêtement, on a décroché...Ni vraiment drôle ni totalement provocateur - contrairement aux comédies italiennes populaires de Scola ou surtout de Ferreri dont le film semble revendiquer l'héritage - Bonhomme donne assez peu envie de suivre Marion Vernoux sur cette pente...raide! Surtout qu'on n'arrive pas vraiment à savoir où elle veut en venir. Célébration de la solidarité et de la débrouille face à l'individualisme actuel? Peut-être, mais le monde qu'elle donne à voir est si caricatural dans sa médiocrité - les scènes dans le milieu professionnel sont à la fois les moins drôles et les moins réussies - , laisse si peu accès à l'expression de sentiments un tantinet profonds, qu'elle nous empêche de nous y attacher. 

Au final, Bonhomme est un film un peu perdu, à l'image d'un Piotr qui sait de moins en moins où aller pour se trouver une place dans un monde qui n'accepte l'humain que dans son côté utilitaire. Pas assez poétique, pas assez engagé, pas assez provocant. Tiède. Et c'est bien dommage...

Source: 

Guillaume de la Chapelle

Portrait de Guillaume de la Chapelle

 

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